Chloé DENAMUR

Artiste peintre

 
 

    De nombreux voyages en Afrique de l’Ouest (Cameroun, Burkina-Faso, Bénin) nourissent son imaginaire : les masques, la lumière si singulière, le graphisme de tissus traditionnels comme le bogolan et bien sûr les couleurs, les rouges, les ocres, les noirs, les blancs, la terre de Sienne orientent sa peinture et définissent sa gamme chromatique.

    Mais ce qui l’intéresse avant tout ce sont les corps, les visages, les expressions de ceux qu’elle croise : les gens sont au cœur de son voyage et de sa peinture.


    C’est surtout depuis 2005 que la pratique de Chloé Denamur s’intensifie et se radicalise.

    Pendant une année entière, elle traverse l’Amérique du Sud, de Quito à Santiago, entre les Andes et le Pacifique. Sur la route, elle remplit des carnets de croquis, de textes, glanant de nouvelles couleurs, couleurs inspirées notamment du grand peintre équatorien Guayasamin, couleurs des marchés indiens, textures, papiers, journaux, autant d’impressions saisies sur le vif.

   Elle peint ceux qu’elle rencontre tentant de rendre compte de la lumière et des visages : femmes indiennes du marché d’Otavalo, gamin perdu de Quito, guitariste dans un bar de Lima, visage de disparu dans une rue de Santiago, pêcheur jovial sur les rives du Pacifique….

   L’étrangeté de la langue espagnole, devenue peu à peu familière, la pousse à s’intéresser à la dimension graphique et esthétique du texte qui devient une part importante de son travail.

        De retour à Paris, une question s’impose : comment raconter un tel voyage ?


        Raconter, là est bien la première préoccupation de Chloé Denamur.


        Commence alors la première série de toiles : « Si la fenêtre était ouverte… »

    Comment trouver la trame tissant langage textuel et langage pictural ? Le récit, puisqu’il s’agit bien de cela ne peut être que parcellaire. Elle choisit donc de mêler plusieurs regards : un récit de voyage écrit à la manière d’un long poème, un récit où la typographie a une place essentielle et une série de portaits à l’huile.

        Le Projet « Si la fenêtre était ouverte… » obtient le Prix Paris Jeune Talent Scène Expo, 2006. L’exposition est présentée à l’espace Mercoeur pendant un mois. Chloé Denamur conçoit alors son exposition comme un parcours susceptible de rendre compte sensiblement du voyage, de l’itinérance. Pour cela, elle fait appel au créateur sonore Mikaël Kandelman (Méduson), ainsi qu’au dramaturge et metteur en scène Kevin Keiss (Compagnie Les irréguliers) qui lira le texte, accompagné à la guitare par Carol Cadilhac.

    L’exposition propose donc une triple grille de lecture : la peinture au cœur du processus dessine une constellation de signes autour desquels gravitent mots, ambiance sonore et musique, s’offrant comme un parcours physique, une série d’impressions.

    Il s’agit d’une véritable installation, d’une performance, bien plus que d’une exposition traditionnelle.


Dès lors, un processus de création se met en place à la croisée de différentes disciplines artistiques.

Son parcours s’inscrit dans cette recherche interdisciplinaire tant pour ses travaux personnels que collectifs et témoigne d’une volonté de confronter plusieurs lectures autour d’un même objet. Cette démarche invite le spectateur à bousculer ses habitudes et à reconstruire son regard puisque la narration qui lui est proposée n’est pas strictement linéaire : de la peinture, il peut, par exemple, évoluer vers un texte ou une vidéo, tandis que se déroule une atmosphère sonore qui vient brouiller les pistes.

A chacun donc de trouver son regard entier et unique au milieu d’un monde fragmenté.


        Chloé Denamur travaille par séries.

       La quête d’influences multiples (Argentine, Vietnam, Paris), la récolte de matériaux et l’émergeance d’une palette singulière donnent lieu à plusieurs séries d’espositions-installations : « Couleurs tango » (Caféothèque, Paris 4ème, Marché de la création de Paris-Bastille). A cette occasion, elle fait la découverte de la Galerie de l’Association de la Butte Bergeyre, Paris 19ème avec qui elle entretient depuis un partenariat : « Lettres au corps », « Cœur(s) en ville », «Lignes new-yorkaises».




Parallèlement à ses projets personnels, Chloé Denamur travaille avec différents artistes.

      Elle travaille notamment pour le théâtre : affiche des Héroïdes d’Ovide, traduit et mis en scène par Kevin Keiss ; affiche et création de décors pour le spectacle 20H50, le film c’est vous, mis en scène par Sarah Lecarpentier et Kevin Keiss.

    Elle réalise également les illustrations pour le documentaire de Gerry Meaudre, Marseille-Transit, diffusé sur France 5 (article Télérama du 11 et 16 avril 2008).

                                                                                                                                                 K.K.

 

Peindre pour voyager, voyager pour peindre.


Sa pratique régulière du dessin remonte à l’adolescence : d’abord pastels et fusains qui permettent un rapport physique direct avec la matière. Puis, elle découvre la peinture à l’huile qu’elle utilise depuis lors.  L’odeur, la complexité de la matière, la brillance des couleurs, le temps de sèche qui permet de jouer avec l’épaisseur, avec la texture, à la main, au couteau ou au pinceau, ouvrent une multitude de combinaisons qu’elle se plaît à explorer.

«Couleurs tango»

Galerie de l’Association de la Butte Bergeyre, Paris 19ème

2008

«Couleurs tango»

Galerie de l’Association de la Butte Bergeyre, Paris 19ème

2008

«Lettres au corps»

Galerie de l’Association de la Butte Bergeyre, Paris 19ème

2010